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Zéro émission nette : vers un bilan climatique positif

Éoliennes produisant de l’énergie renouvelable pour les objectifs de zéro émission nette

PAR ROBERT ATKINSON | OCEAN MATERIAL | 13 AOÛT 2021 | 6 MIN

Zéro émission nette : vers un bilan climatique positif

Voici le second volet d’un article consacré à l’atteinte de zéro émission nette de carbone et à la progression vers un bilan climatique positif, lorsque l’activité d’une organisation retire effectivement du dioxyde de carbone de l’atmosphère. Le premier volet examinait les stratégies et le leadership nécessaires. Celui-ci aborde les actions à mener pour parvenir à zéro émission nette.

Comment y parvenir

Trois étapes jalonnent le parcours : comprendre l’ampleur des émissions liées aux activités et aux infrastructures ; mettre en place et suivre des actions durables visant des objectifs vérifiés de zéro carbone dans les activités et les relations avec les fournisseurs et les clients ; enfin, identifier des partenaires efficaces pour évoluer vers des activités à bilan climatique positif.

Réduire l’impact environnemental d’une entreprise commence par le mesurer et le comprendre. Cela passe généralement par une comptabilité carbone, variable selon les entreprises et les secteurs : la complexité des activités doit être cartographiée pour calculer l’empreinte. Il faut inclure les émissions liées au fonctionnement de l’entreprise, du chauffage aux déplacements professionnels, en passant par la fabrication, les transports et l’exploitation. Elles peuvent être recensées au moyen d’une analyse du cycle de vie — ACV. Les émissions annuelles par salarié ou unité opérationnelle établissent un total en tonnes de carbone et un objectif annuel de compensation. Les entreprises qui souhaitent aller au-delà de la compensation de leur empreinte doivent impliquer leurs équipes et leurs relations commerciales.

Éoliennes produisant de l’énergie renouvelable dans un paysage rural, illustrant la transition vers zéro émission nette et un bilan climatique positif

Comprendre les émissions en temps réel

Les progrès des outils de modélisation permettent une collecte intelligente des données grâce à des enquêtes intégrées couvrant les unités, les bâtiments et les sites d’une entreprise. L’automatisation et les mises à jour continues permettent de calculer les émissions en temps réel. L’analyse sert ensuite à définir des stratégies efficaces et à identifier de meilleures pratiques pour les facteurs les plus polluants. Les entreprises peuvent ainsi suivre leurs émissions en temps réel et fixer leurs objectifs de réduction.

En Europe, la politique climatique de l’UE s’oriente déjà vers la modélisation analytique de scénarios, avec un ensemble de modèles recommandés pour les analyses d’impact qui détermineront le cadre climat-énergie 2030. Des normes et politiques devraient suivre.

Les entreprises peuvent agir immédiatement pour mettre en œuvre des mesures de réduction efficaces, en rapprochant leurs données modélisées de projets certifiés de compensation carbone. La réduction des émissions, notamment par l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, doit rester prioritaire. Financer des projets climatiques peut compléter ces efforts, mais ne rend pas une activité sans émissions. L’Environmental Protection Agency a récemment collaboré avec Fortune 500 pour identifier les grandes entreprises les plus avancées. Parmi les dix premières figurent Google LLC, qui annonce un approvisionnement annuel en électricité solaire et éolienne correspondant à 106 % de sa consommation ; Microsoft, à 100 % grâce à l’hydroélectricité, au solaire et à l’éolien ; et Intel Corporation, à 101 % à partir de différentes sources.

Les infrastructures

Les lieux où les salariés travaillent et se réunissent reflètent l’engagement de l’organisation vers un avenir sans carbone. Sur le plan opérationnel, l’électricité et le chauffage issus de sources durables, ainsi que le recyclage de l’eau, font partie de stratégies efficaces évitant la mise en décharge. Pour les nouveaux bâtiments, le carbone opérationnel désigne les émissions liées à leur exploitation, et non à leur construction. Dans son rapport de 2020, le PNUE indiquait que l’exploitation des bâtiments et leur construction représentaient ensemble 38 % des émissions mondiales totales de CO₂ liées à l’énergie en 2019. Le choix de produits neutres en carbone, des moquettes aux plafonds et au mobilier, et de matériaux de construction stockant du carbone, tels que béton de chanvre, bambou et liège, sera déterminant. Il en va de même pour les contrats de location relevant de l’économie circulaire, qui permettent de réemployer les composants lors de l’aménagement et de créer de la valeur pour l’entreprise et l’environnement. Les émissions directes de l’entreprise, comme celles de la combustion de carburants dans ses installations et véhicules détenus ou contrôlés, doivent être incluses.

Les chaînes d’approvisionnement

Une ACV complète détermine les émissions des produits sur l’ensemble de la chaîne de production, de la construction et des matériaux jusqu’au transport. Elle doit couvrir les étapes hors des activités directes de l’entreprise : approvisionnement en matières premières en amont des sites et processus en aval, tels que les déchets générés par les utilisateurs. Les entreprises peuvent agir avec leurs fournisseurs et fabricants pour réduire les émissions. Lors de la COP25 à Madrid, l’organisation CDP a indiqué que plus d’un milliard de tonnes métriques d’émissions pourraient être évitées si 125 multinationales augmentaient de 20 points de pourcentage la part renouvelable de leur électricité. Alors que seulement 4 % des fournisseurs, soit 292 entreprises, fixaient des objectifs d’énergie renouvelable, les émissions des chaînes d’approvisionnement étaient en moyenne 5,5 fois supérieures aux émissions opérationnelles.

Pour agir de manière significative, les entreprises doivent utiliser leur pouvoir d’achat pour collaborer avec leurs chaînes d’approvisionnement. Trente et un grands acheteurs, dont AB InBev, Accenture, BT Group, Signify et The LEGO Group, représentant 741,6 milliards de dollars américains d’achats, incitent leurs fournisseurs à passer aux renouvelables. Certains intègrent déjà des indicateurs environnementaux, dont les données CDP, à la gestion des fournisseurs et se tournent vers ceux qui font preuve de leadership environnemental. Pour 2020, CDP a établi une liste A parmi plus de 300 entreprises en pointe sur la durabilité. Sur une période de cinq ans, des entreprises annoncent une croissance : L’Oréal a par exemple progressé de 11 % entre 2018 et 2021 et Alphabet de 9 % au cours des deux dernières années.

Les clients

Les entreprises qui utilisent leur influence marketing pour encourager une consommation plus sobre et des solutions durables sont appréciées. En développant et fournissant des produits bas-carbone, elles peuvent aider leurs clients à réduire leur empreinte. Dans une enquête Futerra auprès de plus de 1 000 consommateurs américains et britanniques, 96 % estimaient que leurs actions — dons, recyclage ou achats éthiques — pouvaient faire la différence. Il est essentiel de faire des consommateurs des acteurs des solutions climatiques, avec des produits et comportements susceptibles de réduire les émissions. Pour les marques grand public, l’accent doit porter sur les produits et leurs emballages, afin que les deux puissent être réemployés ou recyclés. Cela permet de réduire les émissions liées aux décharges, qui représentent 17,4 % des émissions anthropiques de méthane aux États-Unis, tous secteurs confondus.

Trouver les bons partenaires

Développer des partenariats permettant de progresser vers un bilan climatique positif est une autre étape importante. Des objectifs concrets aident à identifier des projets de préservation de l’environnement et de reboisement pour compenser les émissions. Des spécialistes comme Earthly peuvent mettre les entreprises en relation avec des solutions fondées sur la nature et vérifiées par des tiers. Il ne devrait plus être possible de se cacher derrière une campagne d’écoblanchiment soignée mais sans substance.

Earthly a par exemple travaillé avec des marques de santé et de beauté et accompagné Garnier dans sa transition concernant les emballages plastiques, en plantant un arbre pour chaque produit vendu en magasin au Royaume-Uni, pour atteindre 400 000 palétuviers à Madagascar. Cette initiative constituait une première étape de l’engagement de Garnier à éliminer les plastiques non recyclés, ou plastiques vierges, de sa fabrication d’ici 2025, date à laquelle tous ses emballages devaient être recyclables, dégradables ou réemployables et toutes ses usines neutres en CO₂.

En Europe, des institutions supérieures de contrôle des finances publiques apportent des éclairages fondés sur des preuves concernant les résultats des politiques climatiques, souvent à partir des données du GIEC et d’autres recherches. L’introduction par l’UE de données normalisées sur la gouvernance environnementale et sociale en 2024 est un moteur important. Les grands cabinets d’audit suivent : EY, Deloitte, KPMG et PwC ont présenté leurs propres normes de reporting, couvrant des sujets allant des émissions aux rémunérations et à la représentation des genres. Toutefois, passer de la neutralité carbone à un bilan climatique positif exige plus que de déléguer la responsabilité à un tiers. Des professionnels maîtrisant les solutions climatiques positives et leurs liens avec l’activité doivent faire l’interface entre l’entreprise et ses partenaires.

L’Institute of International Finance recommande ainsi de nommer un responsable du développement durable, chargé de piloter les efforts, d’interpréter les évolutions externes et de réunir une équipe pour en analyser les conséquences stratégiques. Ce responsable doit également influencer, communiquer et gérer la complexité organisationnelle pour tenir les engagements ESG. L’équipe suit les progrès des partenaires pour chaque projet et initiative afin d’en garantir la crédibilité et l’efficacité. Les partenaires doivent fournir des preuves transparentes, par exemple des photos ou vidéos de leurs avancées, qui servent aussi aux communications internes, au marketing et aux réseaux sociaux.

Conclusion

Atteindre zéro émission nette est une condition préalable à un bilan climatique positif. C’est une démarche ambitieuse et exigeante, mais seulement la porte d’entrée vers des émissions négatives, essentielles à l’avenir de la planète. Des professionnels de la conception et des architectes possèdent les compétences pour accompagner les organisations ; chez IA, nous nous comptons parmi eux. Aider nos clients à atteindre zéro émission puis un bilan climatique positif figure parmi nos priorités pour le bien-être de la communauté mondiale et de la Terre.

À l’automne, nous poursuivrons avec une série en deux volets sur le bilan climatique positif.

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